Benyoub ,Nesrine IkramSidi Yacoub, Aicha2026-10-192026-10-192026https://dspace.univ-temouchent.edu.dz/handle/123456789/7758Ce mémoire de Master en Littérature et Civilisation française (Université Belhadj Bouchaib, Aïn Témouchent, 2025/2026), rédigé par Benyoub Nesrine Ikram sous la direction du Dr Sidi Yacoub Aïcha, étudie comment les procédés d'écriture rendent visible la douleur dans Nos silences de Wahiba Khiari. Ce roman évoque la décennie noire algérienne à travers les vécus fragmentés de trois femmes. Problématique : comment les procédés d'écriture (fragmentation, anonymat, silences, répétition) rendent-ils visible une souffrance qui ne peut pas être dite directement ? Chapitre 1 : le paratexte et la polyphonie. Le titre Nos silences donne une dimension collective au silence, et son pluriel montre que chaque personnage le vit différemment (peur, honte, culpabilité, protection). Les épigraphes et les micro-récits préparent le lecteur à une lecture où le non-dit compte autant que le dit. Le roman fait alterner trois voix : l'enseignante exilée, qui transforme sa culpabilité en témoignage ; l'élève, victime de la violence et privée d'école et de parole ; et la sœur cadette, témoin traumatisé et hypervigilant. L'absence de noms propres et la confusion entre les voix font naître une « sororité scripturale », une solidarité qui se construit par l'écriture. Celle-ci devient un acte de réparation, ancré dans l'expérience de l'auteure, qui brise l'omerta sociale tout en reconnaissant les limites du langage. Chapitre 2 : géographie et chronologie de la douleur. La douleur s'inscrit dans l'espace. Le maquis est à la fois refuge et cage, un lieu du non-retour que l'analyse relie aux notions de non-lieu (Marc Augé) et de hantise (Mark Fisher). La maison rurale est un espace de secret familial où la souffrance se transmet de mère en fille. L'exil fonctionne comme une cartographie de la séparation, où la douleur s'accumule. Sur le plan temporel, le trauma apparaît comme une cristallisation : le récit suit la logique du traumatisme plutôt que la chronologie, avec une compulsion de répétition (Freud, Caruth), un présent de narration fragmenté et une désynchronisation entre le corps et la conscience, le personnage étant physiquement ailleurs mais psychiquement toujours blessé. Conclusion. Le roman ne propose ni consolation facile ni résolution. Le silence, le fragment et le non-dit deviennent eux-mêmes une forme de témoignage. "frdécennie noireWahiba KhiariNos silenceslittérature algériennelittérature fémininetraumadouleursilencetémoignagemémoirepolyphonieparatextesororité scripturalefragmentationespace et tempsexilrépétitionL'écriture de la douleur dans Nos Silences de Wahiba KhiariThesis